
“Celui qui croit en moi fera de plus grandes œuvres.” Jn 14,12
« Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. » Voilà bien qui fait rêver, chers frères et sœurs. Quel est l’enfant qui ne rêve pas d’arriver à faire de grandes choses. Il n’y a rien sans doute de plus terrible que d’empêcher un enfant de rêver quant à ce qu’il voudrait faire de sa vie. Dieu est grand. Dieu nous a créé pour de grandes choses. L’homme, depuis les origines, n’a cessé de grandir dans la conscience de sa vocation pour imaginer des choses toujours plus grandes à réaliser en vue de devenir lui-même. Si l’homme semble aujourd’hui dépasser par ses découvertes et leurs conséquences probables pour l’humanité, nul ne doit douter que l’homme est destiné à être grand. Dieu créa l’homme à son image et ressemblance, homme et femme il les créa, avec cette mission admirable de cultiver et de « cultuer » la terre. Dieu fait les créatures se faire, disait le père Teilhard de Chardin.

Je vous laisse la paix
L’armistice est signé. S’achèvent cinq années terribles de guerre et de massacres en tout genre, (…) Des morts par millions… Des populations déplacées. Des familles brisées. L’holocauste le plus sanglant de l’histoire découvre son ampleur et son horreur… (…) Le 20 siècle n’a cessé de monter dans l’horreur de la guerre. (…) Bâtir notre vie commune sur la planète terre dans la justice et dans la paix est un devoir sacré auquel nul ne peut se dérober. (…) La paix commence en famille et dans chacune de nos communautés de vie. De la paix du monde, nous sommes tous responsables suivant la belle maxime de ce grand saint orthodoxe russe, saint Séraphin de Sarov : « Trouve la paix et des milliers autour de toi trouverons le salut. » Car disait les anciens : « une âme qui s’élève élève le monde. »

Au commencement était le Verbe
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. » Dieu a parlé en créant. Dieu a parlé au cœur de l’homme par les patriarches et les prophètes. Nous sommes une religion de la Parole, plus qu’une religion du livre. Souvenons-nous du cri de Job. Nous sommes nés dans la parole pour parler d’amour entre amis, entre époux, pour parler en vis-à-vis de Dieu comme Moïse dans la nuée lumineuse. Job confesse qui est Dieu et qui est l’homme. Job confesse que Dieu a fait l’homme pour lui et que l’homme est fait pour Dieu comme la fiancée est pour sa fiancée. Et Dieu se tait ! … Job crie. Il veut inscrire son cri sur la pierre dure afin que toutes les générations le sachent. Job, c’est Israël tout entier, c’est vous, c’est moi. Nous pleurons souvent de ce que nous avons perdu des biens de la terre ou de nos richesses humaines, mais pleurons-nous de ce que Dieu ne nous dit rien, ne nous parlent plus. Nous avons souvent peur de Dieu. Nous n’osons pas crié comme Job, non pour demander des comptes à Dieu, mais pour parler avec Lui comme le Bien-aimé de notre âme, dont la Parole d’amour est plus précieuse que tous les biens.
Mystère gardé dans le silence depuis toujours
« Alors qu’un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course, ta Parole toute-puissante s’élança du trône royal … » dit le livre de la sagesse 18, 14-15 Le silence peut être redoutable. Silence de la nature, annonciateur d’une catastrophe, marqué par le comportement des animaux. Silence de la mort d’un être cher. Silence qui précède de grands événements, tournant de l’histoire. Cette nuit-là, en 1914, les soldats français n’entendent plus que silence après la mitraille. Stille Nacht, seul ce doux chant se fait entendre depuis la tranchée d’à peine quelques mètres plus loin. Silence de Noël. Les ennemis font la trêve. Ils chantent l’Enfant-Dieu. Les uns et les autres osent la sortie, sans armes, et chantent. Les chefs puniront. La guerre reprendra. Nous connaissons trop bien la suite.