Enseignements
« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits chacune selon son genre : ainsi commande-t-il aux chrétiens qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée: et non seulement cela, mais il faut accomoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier. …. Non, Philothée, la dévotion ne gâte rien quand elle vraie, ainsi elle perfectionne tout, et lorsqu’elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu’un, elle est sans doute fausse. »
Introduction à la vie dévote

Conférences d’Avent 2024
La liturgie de l’Église, « source et sommet »
Conférences données à l’archiprêtré de Morhange (57)
I. La liturgie, folklore religieux ou mystère de communion ?
D’aucune dira : la messe c’est du folklore. Ou bien : une affaire privée n’ayant rien à voir avec la politique et l’histoire des hommes. Or l’eucharistie est mystère de communion à « l’événement des évènements » advenu à toute l’histoire du monde. Notre calendrier débute avec « l’événement Jésus-Christ », né, mort et ressuscité pour nous. Noël, Pâque, Pentecôte et Toussaint restent encore les marqueurs de nos années civiles.
II. Rendre un culte à Dieu dans l’espace et le temps, être homme ou devenir saint …
De tout temps l’homme est religieux. Il marque l’espace et le temps de sa vie par un culte aux dieux. La religion est ce qui relie l’homme à son dieu, à son cosmos et à ses semblables. Cela se joue dans l’espace et le temps de la vie de l’homme. Impossible de comprendre la France sans connaître la religion chrétienne qui a marqué le territoire des Gaules de tant de cathédrales et formé tant de lieux de pèlerinage. « Une culture sans culte est une inculture » (Mgr Aupetit). Comment habitons-nous liturgiquement l’espace et le temps de nos vies pour devenir homme ?
III. L’art de la liturgie, une musique d’éternité.
Toute musique n’est pas liturgique, et tout liturgie n’est pas musique d’éternité. Le propre d’un véritable culte liturgique est de toucher les profondeurs de l’homme pour le conduire à l’harmonie selon sa foi et son espérance. Si la liturgie est un art propre, elle n’échappe pas à la loi de tout art. Travail, effort et cohérence sont nécessaires pour ériger en gloire ce qui va humaniser le monde et offrir à l’homme une source de vie et de sens. Notre condition de pèlerin est alors un chant de marche qui nous enracine au ciel pour l’éternité autant que dans le réel de notre condition terrestre.
IV. Paroles et gestes en liturgie, transfigurer la vie.
L’enfant nouveau-né apprend les gestes et les manières d’être homme. Peu à peu l’homme apprit à célébrer selon les gestes et les paroles propre au culte digne de ses dieux. Les hébreux ont appris au désert les gestes de l’Alliance au Dieu Unique. La liturgie de l’Église a hérité de la synagogue. Elle s’est développée comme un organisme vivant selon les actes et les enseignements de Jésus.
L’habitude est nécessaire, voire vitale. Elle peut aussi tuer le sens des plus beaux gestes. La répétition d’un rite doit être habitée. Apprendre le sens des gestes et des paroles c’est Mozart qui ne cesse d’affiner son art sans jamais se satisfaire de toutes les partitions déjà écrites et jouées. Il ne suffit pas de poser les gestes de l’amour pour aimer en vérité. Il faut aimer pour habiter les gestes qui disent l’amour.
D’Abraham à Jésus. Une histoire d’amour, une folle espérance…
Conférences données à la communauté de paroisses de Brumath (67)
I. « Quitte ton pays et ta parenté » (Gn 12, 1), une promesse inouïe …
Au cours de son histoire l’homme s’éveille à lui-même en différentes étapes, en des crises multiples et des seuils importants à franchir. Chrétiens, héritiers des générations passées, tout a commencé pour nous avec Abraham, les patriarches et les prophètes. Ce point de départ, au sens propre comme au figuré, tient en quelques mots : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai… » Gn 12, 1. Folle aventure d’un adorateur de la lune et des étoiles qui va s’établir sur un petit lopin de terre, entre la Mésopotamie et l’Égypte, pour voir se fédérer de pauvres tribus semi nomades comme le « plus petit de tous les peuples », dépositaire d’une promesse inouïe d’un Dieu Unique : « Par toi se béniront tous les clans de la terre… » Gn 12, 3 « Je te fiancerai à moi pour toujours ; je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde ; je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras Yahvé. » Os 21-22 Chrétiens, héritiers d’Abraham, nous sommes appelés à quitter nos idoles et nos sécurités pour être à Celui qui vient, pour être à Dieu l’Unique, l’Éternel, Dieu de tendresse et de miséricorde… Nous laisser surprendre, appuyés sur la Promesse, toujours en Exode ou en Exil, dans l’attente de Celui qui vient …
II. « Comme celui que sa mère console, ainsi je te consolerai. » (Is 66, 13)
Notre histoire est marquée d’heures sombres. Tout a pu crouler dans notre vie. Les engagements pris n’ont pas tenu. Les promesses ne se sont pas réalisées. Les épreuves se sont multipliées… Il en fut ainsi pour Israël, lorsqu’en soixante-dix ans d’exil il n’existe plus en tant que peuple constitué sur une terre, autour d’un temple et d’un roi. Entre l’enfermement du « mea culpa » permanent ou des espoirs déçus, l’espérance de la foi est cependant plus forte que tout. Dieu redit sans cesse sa promesse à son peuple : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant … ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas. Vois, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains… » Is 49 15. Dieu nous poursuit de son amour de façon plus tenace que nous poursuivons nos errances. La Promesse se renouvelle. L’épreuve nous purifie, comme l’or au creuset, pour nous dire qui est Dieu et qui nous sommes, dans l’attente certaine que la lumière véritable est au bout du chemin.
III. « Ah, si tu déchirais les cieux et descendais… » (Is 63, 19). Quel visage aura le Messie ?
L’épreuve passée, le peuple ne cesse de relire son histoire et de chercher à vivre l’Alliance. Dure confrontation à la réalité d’un passé qui s’est révélé aussi merveilleux que misérable, d’un présent aux prises avec la réalité de conflits de civilisations, et d’une fidélité qui fait encore trop souvent défaut. Dieu toujours plus grand et plus beau, Dieu qui déroute et dont on ne sait plus quoi dire. Peuple au cœur brûlé par le buisson ardent et par la morsure de tous les serpents de ses infidélités. Le salut ne peut venir que du ciel, dont on attend qu’il s’ouvre pour faire toute chose nouvelle. « Ah si tu déchirais les cieux et descendais… Jamais on n’avait ouï dire, on n’avait pas entendu, et l’œil n’avait pas vu un Dieu, toi excepté, agir ainsi en faveur de qui a confiance en lui. » Is 63, 19 ; 64, 3Mais que sera le Messie ? Quel sera son visage ? Comment Dieu va-t-il tenir sa promesse ?Jésus, enfant, tellement l’un de nous et si différent... Jésus, l’héritier de la promesse et la promesse en personne… Qui es-tu ?

Être chrétien c’est plus qu’avoir des valeurs ou suivre un code de conduite. Être chrétien c’est fondamentalement répondre à l’appel du Christ : « Viens et suis-moi. » Mc 10, 21 Suivre Jésus Christ représente le pèlerinage de toute une vie, de la naissance à la mort. Certes, cette suite implique des valeurs et des observances comme la marche en montagne oblige à la rigueur des lois de la nature, sous peine de mort. Mais les repères de la marche ne sont ni la joie du chemin, ni la joie des sommets. Jésus n’a jamais dit : j’ai la vérité. Jésus dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » Jn 14, 6
Les présentes conférences de carême reprennent le chemin traditionnel de l’ultime préparation des catéchumènes au baptême à travers les grands Évangiles propres à cette étape depuis l’antiquité. Être baptisé c’est être configuré à Jésus Christ, le suivre, entrer dans son Église, plénitude de son corps, vivre l’Évangile de la Vie en toutes circonstances jusqu’au martyre, l’annoncer au monde, jusqu’à l’entrée dans la Gloire du ciel au jour de notre mort.
I. Le courage du combat spirituel
1° dimanche de carême,: Évangile des tentations de Jésus au désert. Mt 4, 1-11
II. Le défi de la Parole de Dieu
2° dimanche de carême : Évangile de la Transfiguration de Jésus au Thabor. Lc 9, 28b-36
III. L’adoration en esprit et vérité, ou la communion pour vaincre la confusion
3° dimanche de carême : Évangile de la Samaritaine. Jn 4,5-42
IV. Face à l’énigme du mal, la Gloire de Dieu
4° dimanche de carême : Évangile de l’aveugle-né. Jn 9, 1-41
V. La résurrection de Lazare, signe de notre résurrection
5° dimanche de carême : Évangile de la résurrection de Lazare. Jn 11, 1-45
Article paru dans la Revue Mess’AJE N°60 Pâques 2013
Dans un contexte nouveau, du neuf et de l’ancien en catéchèse
Jean-Dominique DUBOIS, ofm, prédicateur et catéchète d’adultes
Introduction
Connaître les situations humaines dans lesquelles nous catéchisons des jeunes ou des adultes demeure en tout temps une exigence d’authenticité. Les générations actuelles évoluent très vite. (…) Succession de textes officiels, en un temps relativement court pour un sujet aussi important, signe de la nécessité d’une adaptation continuelle et de la difficulté de se situer dans un monde en perpétuelle mutation pour répondre à la mission de catéchète. À contexte nouveau, orientations nouvelles, dispositions et parcours nouveaux… L’exigence est double. Il faut apprendre à connaître John et l’anglais pour enseigner la langue de Shakespeare.
Saisir les mutations contemporaines peut risquer de nous focaliser sur des symptômes de mutations ou de manifestations fortes, mais peut-être brefs ou trop circonstanciés dans le temps. Le danger est de prendre les symptômes pour des courants de fond. Au-delà il y a des constantes cachées, non dites ou occultées, qui perdurent parfois longtemps, soubassements de comportements ou d’orientations des personnes et des sociétés. L’évangélisation et la catéchèse doivent atteindre à terme ces structures fondamentales des comportements. (…)
Parler d’orientations nouvelles en catéchèse ne doit pas nous faire oublier que la catéchèse est un art. L’art se doit d’exprimer et transmettre ce qu’il y a de plus beau et de plus profond en l’homme, sans le dénaturer. (…)