Bienheureux Carlo ACUTIS 1991 -2006

Un jeune adolescent de quinze ans (1991-2006). Une petite fleur d’humilité au pays des grands que sont saint Athanase, saint Augustin ou saint Charles Borromée. Sans oublier un ancien archevêque de Milan, Jean-Baptiste Montini, saint Pape Paul VI. La grande ville du Nord de l’Italie qu’est Milan est pleine d’intelligence, de vie industrielle, sociale. Cosmopolite, cette ville est riche d’une longue histoire de culture et de vie religieuse. Tel le crocus ou la pâquerette au printemps, à l’heure de l’apostasie que vit l’Europe en ses racines chrétiennes, le Seigneur a suscité Carlo Acutis. Printemps en plein automne de la culture européenne.

Né à Londres de parents italiens œuvrant au sein de la finance de la City, revenu à son pays d’origine à ses cinq ans, Carlo, telle une étoile filante, trace au milieu des siens un chemin de lumière, rempli d’humilité. Sans faire partie officiellement de la famille franciscaine, l’évangile pur et au carré, tel qu’enseigné par le Poverello d’Assise, est sa boussole pour aller droit au ciel. Une leucémie foudroyante est venue faucher Carlo dans la fleur de ses quinze ans. Ayant un pied à terre à Assise par sa famille, c’est dans la cité du Petit Pauvre qu’il voulut que sa dépouille mortelle soit déposée. Ce sera dans l’église hautement symbolique du « dépouillement ». Église voisine de l’évêché où François s’est donné à Dieu entièrement, sous le manteau de l’évêque Guido, rendant tout bien à ses parents, pour n’avoir d’autre bien que le Christ.

Fils unique, Carlo aurait pu être « pourri » gâté… Il n’en fut rien. Le prodige de la grâce a saisi cet enfant de Dieu. À l’école de son saint patron, Charles Borromée, Carlo va vivre l’Évangile à plein, tout simplement tel que l’enseigne le catéchisme de l’Église catholique.

Jeune garçon bien de son temps, il est à fond sur internet dont il devient un « geek », capable de monter lui-même des sites. Il surfe sur les autoroutes de l’information pour partager sa passion de l’Évangile et particulièrement son amour de l’eucharistie, pour lequel il va bâtir un site dédié aux miracles eucharistiques. « L’eucharistie, c’est mon autoroute pour le ciel. » dit-il.

Joueur et rieur, ami des animaux et sportif, bon camarade avec tous, les réflexions pleines de saveur évangélique de Carlo ne font pas de lui « une grenouille de bénitier », mais une source de sagesse qui lui vaut nombre incalculable de relations avec des jeunes de son âge. Les adolescents perdus de notre époque demandent conseil à leur camarade Carlo, auprès de qui il trouve toujours amitié et respect, autant que fermeté sur la ligne à tenir.

Les pauvres sont ses privilégiés. À son enterrement les parents de Carlo sont surpris de voir la foule des petits venus honorés leur jeune ami. Le serviteur de la maison familiale, originaire de l’Inde, émigré se retrouvant déclassé, lui qui faisait partie des castes supérieures de son pays, devient ami du fils de la maison, au point de demander le baptême.

L’aisance des parents fait que Carlo va beaucoup voyager. Mais toujours, dans ses pérégrinations vacancières Carlo ne lâche rien de l’orientation foncière de sa vie et de la source de sa vie chrétienne. La prière et les sacrements font partie du quotidien autant que dans le choix judicieux de ses visites, jamais confiné au seul intérêt religieux. Un garçon ouvert au monde, mais fidèle à lui-même.

Les parents de Carlo vont retrouver, grâce à leur enfant bien-aimé, la voie d’une vraie vie de chrétien, fervente et engagée, comme en témoigne une belle biographie de sa maman.

La vie de Carlo n’a rien d’extraordinaire, sinon d’avoir fait de l’extraordinaire avec de l’ordinaire. Son confesseur témoigne de la profondeur de ce jeune pénitent qui vit sa croissance humaine, comme tout garçon de son âge, et qui en fait un chemin d’humanité à travers son amour de Jésus.

Nous n’avons pas fini de découvrir ce que le Seigneur veut nous dire à travers ce jeune saint du 21° siècle particulièrement en pensant à sa phrase célèbre : « Nous sommes tous nés comme des originaux, mais beaucoup d’entre nous meurent comme des photocopies.”

Puissions-nous rendre gloire à Dieu en étant nous-mêmes, tout, sauf une photocopie.